Les Alsaciens

Hunspach et Hoerdt
Alsaciens se rendant à Nancy
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Village de Oberseebach
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Village de Hümspach
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Village de Geudertheim
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Village de Engweiler
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Village de Uhrweiler
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Village de Schleital
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L'Arrivée à la Gare
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L'Arrivée à la Gare
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L'Arrivée à la Gare
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Fêtes alsaciennes par René d'Avril
Le 27 juin 1909, il y eut à l'Exposition de Nancy
une fête d'un caractère très particulier : fête alsacienne pour
le public
ordinaire de l'Exposition qui voyait défiler devant lui en leurs riches costumes
nationaux les frères de la
province voisine,
fête lorraine - et française - pour
les Alsaciens qui, visitant Nancy, étaient reçus à bras ouvert
dans
toute la
ville et
particulièrement au Parc Sainte-Marie.
La joie fut grande pour tous et pour chacun. Cette manifestation folkloriste, si
pleine d'entrain, de bonne humeur,
de passagère et inoubliable fraternité, a été
relatée en excellents termes par la Revue alsacienne illustrée. L'auteur
de
cet
article, après avoir décrit le Village Alsacien dont il loue hautement " la
partie pittoresque et décorative",
ajoute
en parlant de la fête proprement dite
:
Notre pays a trouvé dans la partie pittoresque et décorative
de l'Exposition une place inattendue. Nous voulons
parler
du " Village alsacien"
et de la " Maison alsacienne". Ce village s'est animé, le 27 juin 1909,
d'un
spectacle
tout à fait original.
Deux cent quatre paysans et paysannes d'Alsace ,
vêtus de leurs costumes traditionnels, visitèrent
l'Exposition de Nancy sur
l'invitation du Comité des Fêtes. Les habitants de Mietesheim, Engwiller et
Uhrwiller,
Hoerdt et Gueudertheim, Hunspach, Oberseebach et Schleital - ce sont
là les principaux villages où le costume est
encore porté - acceptèrent à
l'envi,
et la journée du 27 juin vit ce spectacle rare des costumes les
plus divers réunis sur un seul point. L'hospitalité
offerte
aux invités fut des
plus libérale. De plus, chacun reçut en souvenir une élégante médaille de Prouvé
en argent
ciselé,
montée en broche ou en breloque. Les habitants de Nancy et le
public de l'Exposition firent aux " paysans
alsaciens"
une chaleureuse
réception, et c'est aux acclamations d'une foule qu'on peut évaluer à
25.000 personnes,
que nos
compatriotes se formèrent en cortège et firent leur
entrée à l'Exposition, sous la conduite d'une fanfare
nancéienne.
Une place de
danse avait été aménagée dans un coin du parc et décorée de rubans,
de fleurs et
de verdure.
C'est là que
le soir,
après les joyeux incidents de la journée, les
Alsaciens goûtèrent
les plaisirs de la danse, sans
lesquels
il n'est pas
de
vraie fête alsacienne. Le lendemain vit repartir vers leurs villages les
visiteurs enthousiasmés
de leur séjour. L'accueil
ému et d'un tact
parfait du
public nancéien,
la large hospitalité des organisateurs, l'exquise
urbanité
française, ont fait
sur nos compatriotes
- nous en parlons à bon escient - non
moins que les merveilles de la
ville de Stanislas et de son
Exposition,
une
impression profonde.
Des fêtes comme celles-ci exerceront une action bienfaisante sur le goût des
campagnards à l'endroit de leurs
costumes
traditionnels. Devant la sympathie et
l'admiration qu'on ne leur a pas ménagées, nos paysans ont pu
se rendre
compte
que
le respect de la
tradition est une force, qu'elle est un élément de leur
patrimoine.
A ce point de vue les fêtes alsaciennes de Nancy sont une
manifestation régionaliste de premier ordre.
Nos amis d'Alsace avaient su décider à venir
les deux cent quatre Alsaciens et Alsaciennes dont parle l'article
que
nous
venons de citer. Comme il n'est pas de belle fête sans banquet solide (voyer
plutôt les romans populaires
d'Erckmann-Chatrian),
la terrasse qui entoure le
Restaurant du Consortium réunit la foule des visiteurs.
Les organisateurs
et
leurs invités restés
à l'intérieur surent trouver, à l'heure des toasts, des
paroles graves pour
célébrer cette réunion
sans précédent et pour
remercier MM. Stoffel, Corbin et Simon de l'avoir organisée aussi
vivante, aussi cordiale,
en
un mot aussi française.
Après ces beaux et bons discours, d'autres paroles
furent entendues avec recueillement. Léon Tonnelier avait,
en
effet,
composé
pour cette belle journée
la remarquable pièce que voici :
L'ALSACE
Fille du Rhin, l'Alsace, aux gorges des vallons
Parmi la forêt haute où le bûcheron cogne,
Parmi l'or des blés roux, la vigne et les houblons,
Nous apparaît, superbe en sa rude besogneEt l'œil cherche au delà de nos bleus horizons ,
Loin du val de Munster qui touche à la Vologne,
Strasbourg, sa cathédrale et ses vieilles maisons,
Aux toits aigus, où niche, à Pâques, la cigogne...
Burgs, lacs dormants, grès rose, eaux vives, merisiers,
Longs sapins noirs qu'argente une mousse légère,
Bruits sauvages, résine, aromates, fougère,
Chaos de bois profonds veinés de frais sentiers,
L'Alsace est aux Lorrains comme une
sœur plus grande
Qui berce un souvenir et chante une légende!
Ainsi l'Exposition qui venait de recevoir des
étrangers de marque, qui avait vu avec joie le ministre des Travaux
publics
consacrer par son approbation flatteuse ses plus sérieux efforts, avait mis,
pour cette fois,
ses trésors à la
disposition
de simples travailleurs des
champs. Ces villageoises du pays d'Alsace, fiers, comme on ne l'est plus, hélas
!
de nos jours,
des beaux costumes déjà portés par leurs ancêtres, des
traditions séculaires que leur rappelaient les
moindres poutres
sculptées de la
maison de Zutzendorf, furent les héros d'une journée vraiment triomphante.
Ils représentaient cette
force
vitale extraordinaire : une race qui subsiste,
toujours jeune, en conservant son âme
propre, et sans se mêler à
d'autres races
ni se laisser submerger par elles.
La venue à Nancy des deux cent quatre Alsaciens et Alsaciennes eut, pour
l'Exposition internationale de l'Est,
un
retentissement immense.
Personne, mieux que M. Philippe Berger, sénateur de Belfort, n'a su dégager le
sens à la fois ému et profond de
cette
visite. Empruntons-lui les lignes
suivantes de son article : Le Régionalisme lorrain, qui servent pour
ainsi dire
de préface
au beau
volume consacré à Nancy et à la Lorraine par la
Revue Idées modernes :
Une manifestation touchante a
marqué l'inauguration de l'Exposition de Nancy. Plus de deux cent paysans
alsaciens,
hommes et femmes, étaient venus en députation s'associer à ce superbe
élan de nos provinces de l'Est, pour affirmer
leur vitalité. Ils apportaient à
leurs frères de France le salut de l'Alsace.
Quand ils arrivèrent, tous dans leurs costumes de fête, les femmes portant au
corsage et les hommes à leur
boutonnière un bouquet de bleuets et d'œillets
rouges et blancs, ce fut un délire. On les entourait, on se les arrachait,
on
enlevait
des bouquets aux corsages des femmes, les mains se serraient et on
échangeait des paroles émues. On vit bien
des yeux
se mouiller de larmes.
Ce n'était pas seulement en souvenir du passé que ces Alsaciens venaient
retrouver un coin de patrie dans la capitale
de la Lorraine française, et se
replonger pour une heure dans leur vie d'autrefois, restée pour eux
la vie du
cœur.
Il y avait chez eux, à côté de la douleur de la séparation et du fait
accompli, la joie de se voir dresser aux portes de
l'Alsace,
Nancy, noble
avant-garde de la France vers l'Est, et dont l'effort patriotique tend à prendre
la place laissée
vide par
la perte de Strasbourg.
Telle est la signification profonde du mouvement industriel, économique,
intellectuel, auquel les dernières années ont
donné une grande intensité dans
l'Alsace-Lorraine française.
Documentation : Rapport Général sur
l'Exposition Internationale de l'Est de la France Nancy 1909
BERGER-LEVRAULT

Souvenir des Fêtes Alsaciennes à l'Exposition de
Nancy

Souvenir des Fêtes Alsaciennes à l'Exposition de Nancy

Souvenir des Fêtes Alsaciennes à l'Exposition de Nancy
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Souvenir des Fêtes Alsaciennes à l'Exposition de
Nancy
Article du journal de l'Illustration du 3 juillet 1909
commentant une gravure de première page

photographie Victor Adrien
copyright l'Illustration www.lillustration.com
Une Fête
charmante et digne de faire tressaillir tous les cœurs français s'est déroulée à
l'Exposition de Nancy :
la Fête alsacienne.
"Des têtes
aux portières, écrit un de nos confrères nancéiens décrivant l'arrivée des
frères d'outre frontière des mouchoirs qui s'agitent ... et,
tandis que bien des yeux s'humectent de larmes, deux cent dix Alsaciens et Alsaciennes débarquent dans leur
costume traditionnel. Le coup d'œil du défilé est d'un pittoresque achevé.
Les
principaux villages; de l'Alsace sont représentés, avec leurs différents
costumes. Voici les jupes en belle soie brochée, les corselets
pailletés, les riches broderies, les lourds satins. Voici les bonnets surmontés de
nœuds aux lourdes ailes, voici de
jolies coiffures tuyautées en fines dentelles; en voici d'autres qui rappellent les bonnets des filles
d'Arles, d'autres d'un rouge vif et éclatant. Les hommes arborent le gilet rouge et
la grande lévite; certains sont
coiffés du chapeau mou à larges bords, d'autres de la toque de fourrure popularisée
par les
représentations du Juif polonais, d'autres en haut bonnet brun à glands...
Toute la
journée ce groupe pittoresque fit la joie des Nancéiens à l'Exposition. Non une
joie de badauds, mais une allégresse profonde,
affectueuse, car ces gens accourus dans leurs beaux et vénérables costumes
nationaux visiter l'Exposition de
Nancy n'étaient point des figurants de théâtre ou de cavalcade mais de braves gens, dans leurs
villages " gros bonnet", tout heureux de se retrouver un jour, sur le sol de la France,
et
très émus
de l'accueil fraternel qu'ils y recevaient.
copyright l'Illustration www.lillustration.com
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